Nous y retrouvons Ultimo Cerebro en train de bidouiller quelques inventions de son cru. Je vais tout de suite appuyer sur les boutons de la carte de localisation. Quelques instants après, une énorme carte de l'archipel se déploie, recouvrant tout le mur sud du laboratoire.
Cette carte permet, quand la Grande Espirale et ses brouillages magnétiques le permettent, de localiser les Luchadores portant la montre-radio. La position de ces derniers s'affiche sur la carte de l'archipel en autant de petits points rouges.
J'espère que ceux qui ont monté ce traquenard et m'ont volé ma montre l'ont toujours en leur possession, ce qui va nous permettre de remonter jusqu'à eux. Et peut-être jusqu'à la Loba.
C'est gagné ! Un petit point rouge clignote sur l'île de la Boca del Demon. Ma montre fonctionne toujours, ces abrutis ont oublié de l'éteindre !
La Boca del Demon est une petite île entourée de récits et aux courants traîtres. Sa position isolée, même pour un archipel tel que Los Murcielagos a permis à un repaire pirate de se développer. Une petite cité, Imboca, a même fleuri durant quelques décennies avant qu'une coalition des puissances européennes chasse les pirates après une longue guerrilla maritime. L'île a ensuite abrité un comptoir colonial durant le XVIIIème siècle avant de devenir un asile d'aliénés de 1857 à 1911. Après la fermeture de l'asile, l'île est restée abandonnée. Quelques touristes y allèrent plonger car quelques failles sont réputées abriter des pièces archéologiques et des épaves mais après la disparition de plusieurs plongeurs, l'endroit est à présent évité, même par les aventuriers les plus endurcis.
Il est clair qu'il nous faut une équipe de choc pour s'aventurer dans ces lieux.
Je passe un appel radio à quelques comparses, espérant qu'ils voudront bien se joindre à l'aventure.
Quelques heures après, je suis satisfait. Si bien évidemment, j'ai l'aide de Sangre Negro, qui trépigne sur place à l'idée d'aller sauver la Loba, j'ai aussi obtenu le concours d'Atomico Cerebro, le robot-catcheur qui se remet doucement de son re-boot sauvage de 1961, Black Torpedo qui me fait remarquer qu'il n'a pas été convié à la conférence de la Loba, ni même à son match ainsi que Angel Condor, le petit Luchador chouchou des média et des chickas. Ce petit texan, qui parle avec l'accent de son pays, est arrivé très récemment sur l'archipel mais est un véritable prodige aérien. Il faut le voir exécuter son shooting star press du haut de la troisième corde, un sacré talent. Il ne sera pas de trop pour se rendre sur cette île maudite...