Mercredi 18 novembre 2009
Arrivés au QG, je fonce au petit laboratoire, suivi par Sangre Negro.
Nous y retrouvons Ultimo Cerebro en train de bidouiller quelques inventions de son cru. Je vais tout de suite appuyer sur les boutons de la carte de localisation. Quelques instants après, une énorme carte de l'archipel se déploie, recouvrant tout le mur sud du laboratoire.
Cette carte permet, quand la Grande Espirale et ses brouillages magnétiques le permettent, de localiser les Luchadores portant la montre-radio. La position de ces derniers s'affiche sur la carte de l'archipel en autant de petits points rouges.
J'espère que ceux qui ont monté ce traquenard et m'ont volé ma montre l'ont toujours en leur possession, ce qui va nous permettre de remonter jusqu'à eux. Et peut-être jusqu'à la Loba.
C'est gagné ! Un petit point rouge clignote sur l'île de la Boca del Demon. Ma montre fonctionne toujours, ces abrutis ont oublié de l'éteindre !

La Boca del Demon est une petite île entourée de récits et aux courants traîtres. Sa position isolée, même pour un archipel tel que Los Murcielagos a permis à un repaire pirate de se développer. Une petite cité, Imboca, a même fleuri durant quelques décennies avant qu'une coalition des puissances européennes chasse les pirates après une longue guerrilla maritime. L'île a ensuite abrité un comptoir colonial durant le XVIIIème siècle avant de devenir un asile d'aliénés de 1857 à 1911. Après la fermeture de l'asile, l'île est restée abandonnée. Quelques touristes y allèrent plonger car quelques failles sont réputées abriter des pièces archéologiques et des épaves mais après la disparition de plusieurs plongeurs, l'endroit est à présent évité, même par les aventuriers les plus endurcis.

Il est clair qu'il nous faut une équipe de choc pour s'aventurer dans ces lieux.
Je passe un appel radio à quelques comparses, espérant qu'ils voudront bien se joindre à l'aventure.

Quelques heures après, je suis satisfait. Si bien évidemment, j'ai l'aide de Sangre Negro, qui trépigne sur place à l'idée d'aller sauver la Loba, j'ai aussi obtenu le concours d'Atomico Cerebro, le robot-catcheur qui se remet doucement de son re-boot sauvage de 1961, Black Torpedo qui me fait remarquer qu'il n'a pas été convié à la conférence de la Loba, ni même à son match ainsi que Angel Condor, le petit Luchador chouchou des média et des chickas. Ce petit texan, qui parle avec l'accent de son pays, est arrivé très récemment sur l'archipel mais est un véritable prodige aérien. Il faut le voir exécuter son shooting star press du haut de la troisième corde, un sacré talent. Il ne sera pas de trop pour se rendre sur cette île maudite...
Par Green Tiburon
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Mardi 17 novembre 2009

La traversée m’a encore rendu malade. Nous sommes sur le quai de Puerto Drago. Très vite, nous hélons un taxi pour nous conduire chez le professeur Gonzales. Je paie généreusement  le chauffeur pour qu’il fonce jusqu’à notre destination.

Une fois arrivés devant la masure du scientifique, j’enfonce la porte d’un solide coup d’épaule qui me rappelle le spear avec lequel j’ai couché Loco Ramirez l’année dernière.

 

Stupeur, la maison est vide. Il n’y a plus personne, plus d’appareils non plus. Il est évident que ce malfaiteur a mis à profit le temps où nous étions prisonniers pour se rendre dans son repaire continuer de mettre son plan à exécution.

D’ailleurs, je n’ai aucune idée de ce plan. Il est temps de retourner au QG, à l’Arena, pour faire le point.

Je dois aussi récupérer une montre-radio. Et j’ai ma petite idée concernant cet objet pour nous faire avancer dans notre enquête…

Par Green Tiburon
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Samedi 14 novembre 2009

Cela fait quelques dizaines de minutes que nous courrons sur ce sentier, prêts à nous cacher dans les fourrés au moindre bruit suspect.

Sangre Negro est quelques mètres devant moi.

Derrière des frondaisons, quelques maisons se dessinent. Nous faisons une pause.

- Bon, il semblerait qu’il y ait des gens par ici. J’aurais bien fait le tour du village mais il nous faut commencer nos recherches. Espérons qu’ils ne réagiront pas tous comme l’inquisiteur et son serviteur. Je t’avoue que j’ai quand même l’appréhension de me prendre quelques caillasses.

- Nous verrons bien mais il faut récolter quelques informations si on veut retrouver la Loba. Savoir où nous sommes déjà…

Nous nous avançons prudemment dans la rue principale qui est bordée de trois, quatre maisons de pierre et d’une bonne dizaine de petites maisons de bois croulantes.

 

Nous attirons quelques regards indifférents. Alors que nous passons devant une sorte de barbecue, mon ventre gargouille et sans m’en rendre compte, je dois regarder avec envie les côtelettes qui grillent. La jeune femme qui surveille la cuisson me regarde. Elle a de grands yeux bruns.

- Mais vous êtes Green Tiburon ! Je vous reconnais.

Je me retourne paniqué vers Sangre Negro :

- Décampons, Don Noruega doit avoir diffusé un avis de recherche !

La jeune femme ne semble pas comprendre.

- Don qui ? Un avis de recherche ? Mais pas du tout Monsieur Tiburon, je vous ai vu à la télévision, avant-hier soir, lors de la rétrospective du championnat par équipe de l’année 1961.

 

Nous restons cois. La télévision ?

 

Sangre Negro s’avance vers la jeune femme, la saluant avec toute la galanterie dont il est coutumier.

- Mademoiselle, en quelle année sommes-nous ?

Elle a un petit rire, comme si nous la faisions marcher.

- Mais enfin, nous sommes le 14 avril 1962. Je ne comprends pas, c’est une blague ?

 

Après avoir mangés quelques côtelettes avec une délicieuse sauce à la banane, nous sommes à l’arrière d’un pick-up Cuaron qui se rend à la ville la plus proche. La jeune femme nous a appris que nous sommes sur l’île de Caballeros. Malgré la route chaotique nous faisant bringuebaler contre les caisses de poulets lançant des cris effrayés, nous tentons de poser les choses.

-Bon, il est probable que la machine du professeur n’ait pas bien fonctionnée et nous ait envoyée dans l’espace et non dans l’espace-temps hasarde Sangre Negro.

-Non, ce n’est pas ça, Sangre. Quel intérêt de faire intervenir des gens costumés venant nous menacer  et nous faire croire que nous étions dans le passé ? Je pense qu’il s’est servi de sa damnée machine pour nous neutraliser. Il faut vite revenir en ville avoir une explication avec le professeur Gonzales et surtout retrouver la Loba qui a du subir le même genre de mauvaise blague que nous ! Damné scientifique, nous aurions du être plus méfiants.

Sangre Negro est penaud.

-C’est ma faute, Green, je me suis jeté dans la gueule du loup.

-Ne sois pas si dur avec toi-même mi amigo, je t’ai suivi de bonne grâce. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés alors que nous croyons la Loba en danger de mort psychique.

Alors que j’aperçois les premières maisons du port où nous devrions pouvoir trouver un bateau pour Puerto Drago, je laisse échapper de ma machoire serrée par le ressentiment :

-De toute manière, ce satané Gonzales va devoir nous rendre des comptes et il va se mettre rapidement à table, crois mois.

Voyant mes prunelles brûler du feu de la colère, Sangre Negro n’ose pas répliquer. Il se contente de me tapoter l’épaule pour me calmer avant qu’un nid de poule l’envoie valdinguer sur un coq particulièrement hargneux. Je ne peux m’empêcher de sourire tandis que nous atteignons la route goudronnée de la ville. Gonzales ne perd rien pour attendre…

Par Green Tiburon
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Vendredi 13 novembre 2009

Il nous faut attendre encore un peu plus d’une heure, même s’il est difficile d’avoir la notion du temps sans lumière naturelle ni montre.

Nous entendons des pas dans l’escalier.

Aussitôt, nous prenons position. Je vais me placer juste devant la porte. Quand la personne qui ouvrira sera surprise par ma présence, Sangre Negro, caché derrière la porte, en profitera pour assommer le nouveau venu. Ensuite, nous n’aurons plus qu’à nous enfuir.

 

J’entends le bruit de la clef dans la serrure. La porte s’ouvre sur un homme barbu vêtu d’une ample robe blanche. Il marque un temps d’arrêt en me voyant devant lui, il est visiblement déstabilisé.

Surgissant telle la foudre, Sangre Negro fond sur l’inconnu et l’assomme proprement d’un coup d’avant-bras dans le nez. L’homme titube et s’affale comme une poupée de chiffon en tournant sur lui-même.

 

Nous ne perdons pas un instant. Après avoir grimpé les escaliers en colimaçon quatre à quatre, nous débouchons à l’air libre. Ca fait du bien de revoir le soleil. A priori, nous sommes en plein milieu de journée. Sangre Negro me fait remarquer que la bâtisse de laquelle nous nous sommes échappés est en ruine. Il semblerait que ce soit une place forte abandonnée. Tout autour, c’est la jungle. Un petit sentier, vestiges d’une route pavée, s’enfonce dans la jungle. L’homme est venu à cheval. Ce dernier attend à l’ombre d’un arbre massif, broutant l’herbe autour de celui-ci.

 

- Que faire, Sangre ?

- Je pense que nous devons suivre ce sentier. Don Noruega est arrivé par là. Nous devons trouver au plus vite un village et retrouver la Loba avant qu’il ne soit trop tard ! Nous ne savons pas vraiment combien de temps nous avons passé dans ce cachot.

- Vamos !

 

Par Green Tiburon
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Jeudi 12 novembre 2009

Après quelques menaces et autres imprécations grossières, le bossu nous laisse à notre détresse en nous informant que Don Noruega sera là d’ici quelques heures et qu’en attendant, nous ferions mieux de prendre des forces. Disant cela, il jette d’un coup de pied l’écuelle et le pain vers nous, la renversant. Ce qui décuple son rire sadique, qui résonne encore un moment après qu’il ait fermé la porte derrière lui.

Je me tourne vers Sangre Negro :

- Nous devons agir. Ces satanés gens du passé m’ont confisqué ma montre, je ne peux pas scier les barreaux au mini-laser.

- J’ai repéré une petite cassure dans la pierre qui retient la chaîne de mon bras droit. Je vais forcer dessus me rétorque mon comparse.

 

Aussitôt, il commence à tirer de toutes ses forces sur la chaîne, travaillant la pierre par de brusques tirées, des mouvements circulaires et des à-coups secs. Au bout d’un bon quart d’heures, alors qu’il est en sueur, son travail paye. La pierre s’effrite suffisamment pour qu’il puisse libérer la chaîne et bouger son bras droit.

Immédiatement, il se saisit de sa boucle de ceinture et entreprends de crocheter l’anneau retenant sa main prisonnière. Le mécanisme grossier n’offre qu’une résistance très limitée et Sangre Negro est rapidement libre de toute entrave.

Il a tôt fait de me libérer également.

Nous nous approchons tous deux de la porte. Il est clair qu’elle est trop massive pour être enfoncée.

- Sangre Negro, es-tu capable de crocheter cette serrure ?

- Je vais te dire ça rapidement, Green.

Il s’approche et examine la serrure. Il se relève circonspect.

- Etrange, Green Tiburon. La serrure semble bien complexe, bien plus que le mécanisme des anneaux qui nous retenaient prisonniers.

Je m’avance en me massant les poignets.

- Ce n’est pas grave, mi hermano. Nous allons attendre l’arrivée de cet inquisiteur et nous aurons l’avantage de la surprise.

Je vois son masque de squelette acquiesser et tous deux nous asseyons sur le perron de la porte, guettant le moindre bruit trahissant l’arrivée de Don Noruega.

Par Green Tiburon
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